Sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La mission patrimoine et le Programme triennal, quelques extraits (actualisés par D. Cyrille)

L’action du centre dans le domaine du patrimoine se situe dans l’esprit de  « sauvegarde »  défini par l’Unesco dans la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, ratifiée par la France en 2006 : « On entend par "sauvegarde" les mesures visant à assurer la viabilité du patrimoine culturel immatériel, y compris l'identification, la documentation, la recherche, la préservation, la protection, la promotion, la mise en valeur, la transmission, essentiellement par l'éducation formelle et non formelle, ainsi que la revitalisation des différents aspects de ce patrimoine. »

 Les recherches et collectes mises en œuvre par le centre concernent notamment : 
 
  1.  Certaines expressions traditionnelles menacées de disparition qu’il est urgent de collecter : chants de labour, chants de marins, le Mayolè, etc.
  2.  Des expressions à revitaliser : le quadrille (musiques et danses), les musiques et danses des guadeloupéens d’origine indienne, etc. 
  3.  Des expressions bien vivantes : le Gwoka traditionnel et moderne, les musiques de carnaval, etc.

L’urgence concerne à la fois la sauvegarde des expressions menacées de disparition, et le recueil du témoignage d’informateurs âgés sur les pratiques anciennes de genres musicaux vivants et en constante évolution, comme le Gwoka. 

Les travaux sont confiés à des chercheurs spécialisés, choisis en fonction de leur compétence et de leur expertise reconnue par leurs pairs, ainsi que de leurs capacités relationnelles. Car la recherche n’est pas un but en soi mais une étape indispensable vers une réelle valorisation du patrimoine. Cette valorisation  se situe à plusieurs niveaux complémentaires :

  • · Valorisation scientifique : rédaction et mise en forme des résultats de recherche. Possibilité de consulter les travaux dans de bonnes conditions.  Eventuelles publications spécifiques et articles dans des revues scientifiques. Communications dans des colloques et rencontres professionnelles. Diffusion régulière des travaux auprès du ministère de la culture, de la commission française de l’Unesco (dans le cadre de la mise en oeuvre de la convention sur le patrimoine culturel immatériel) de la SFE et ICTM.   Traduction en anglais et espagnol. 
  • · Valorisation artistique et pédagogique : se servir des résultats de la recherche pour la formation des artistes et enseignants et pour créer des outils pédagogiques à destination  des enseignants. Réintroduire certains éléments perdus ou oubliés de la tradition (par exemple : instruments disparus de la pratique), mettre les collectes à disposition des artistes dans leur démarche de création.
  • · Valorisation publique :  relancer l’intérêt du grand public pour les patrimoines collectés par le biais de spectacles, de rencontres et manifestations populaires, d'expositions, des émissions de radio ou de télévision, des articles de journaux, des productions audio-visuelles. Un patrimoine vivant n’est pas un patrimoine regardé, mais un patrimoine vécu. Il n’est donc pas souhaitable de le présenter et l’enfermer dans un cadre trop patrimonial et muséal.
  • · Il est aussi très important de mettre en valeur les porteurs, les tenants de la tradition, en particulier dans le domaine des traditions transmises dans l’oralité. 

 
 Tous les travaux de recherche du centre pourront être consultés, sous une forme synthétique sur le site internet du centre. Lorsque c’est souhaitable et possible, ils feront l'objet de publications écrites, sonores ou audio-visuelles.
Le patrimoine, en matière de traditions populaires, est un bien culturel commun, exprimant la spécificité, l’histoire d’une communauté et participant au patrimoine universel de l’humanité, mais il doit néanmoins être géré dans le respect des droits des individus qui contribuent à sa pratique, sa transmission, sa connaissance et sa diffusion. 

Pour voir la liste complète  des collectes menées par Rèpriz, cliquez ici.

Partenariat avec LAMECA (Conseil Général)

Le centre Rèpriz, pour certaines de ses activités patrimoniales, est appelé à travailler avec un partenaire privilégié : la médiathèque Caraïbe. Ce partenariat fait l’objet d’une convention signée avec le Conseil Général de Guadeloupe. 
Dans le cadre de la politique culturelle du Conseil Général en faveur du  patrimoine, laméca prévoit l'acquisition d'un équipement adapté à la conservation et l’archivage de documents sonores. Les travaux de recherche de Rèpriz seront déposés et protégés à la médiathèque caraïbe pour être consultés dans leur intégralité en respectant les règles juridiques en vigueur.
Le site internet de la Médiathèque Caraïbe (lameca) : www.lameca.org
La présentation de la mission de collecte de lameca :www.lameca.org/collecte 

Séminaire d’ethnomusicologie caribéenne. 

Depuis 2003, le centre (Mission Patrimoine) organise le Séminaire d’Ethnomusicologie Caraibéenne conjointement avec LAMECA, tous les deux ans, dans le cadre du Festival de Gwoka. Les actes du séminaires sont consultables sur le site internet de lameca ici : www.lameca.org/dossiers/ethnomusicologie

Collaborations extérieures. 

En France.
Plusieurs centres régionaux de musiques et danses traditionnelles, fédérés dans la FAMDT, bénéficient d’une aide financière de la Bibliothèque Nationale de France pour la numérisation et le traitement d’archives sonores de musique traditionnelle. Dans le futur il sera peut être utile de relier l’action du centre de Guadeloupe à cette dynamique commune, en particulier auprès de la MMSH d’Aix-en-Provence, pour bénéficier de l’expérience acquise, et solliciter le soutien de la BNF le moment venu.  
 

Dans la Caraïbe.
Des liens d’information, d’échange et de coopération sont également à établir et à entretenir avec d’autres centres de la Caraïbe et d’Amérique agissant dans le domaine du patrimoine musical caribéen (USA, Canada, Porto-Rico, Jamaïque, Cuba, Sainte-Lucie, Trinidad…).  Un véritable réseau de coopération est en cours de développement compte tenu des liens profonds qui relient les diverses cultures caribéennes, malgré la diversité linguistique et politique. Le centre de Guadeloupe est un des maillons actifs de ce réseau et espère jouer un rôle moteur dans sa construction et son animation.

Quelques chantiers importants  : le quadrille, le gwoka, les traditions indiennes.

Le quadrille créole.

Issu de l’héritage européen, le quadrille créole est une forme musicale et chorégraphique des plus intéressantes à étudier, réhabiliter, sauvegarder et valoriser aujourd’hui. 

Il y a un peu plus de dix ans que le CASC (Comité d'Animation Sportive et Culturelle) initiait une démarche progressive comprenant la programmation en 1998 de bals de quadrilles dans le cadre du festival de gwoka, la publication en 2004 d’un premier disque Négoce & Signature dans la collection Buda Musiques du monde ( qui a obtenu le pris France-Musique à Babel Med Music en mars 2006) et la réalisation d’une collecte en 2006 confiée à l’ethnomusicologue Dominique Cyrille. 

Le centre a pris le relais de cette action à travers la réalisation conjointement avec Radi o-France d’un deuxième disque publié dans la collection Ocora, enregistré en Octobre 06 en Guadeloupe et publié en mars 2007, ainsi que la présentation publique des recherches réalisées par Dominique Cyrille. Les matériaux recueillis pendant la collecte seront traités et déposés à LAMECA qui se chargera de les mettre à la disposition du public. Rèpriz a également organisé les premières rencontres du quadrille guadeloupéen dans le cadre des « Journées Européennes du Patrimoine » en janvier 2007, les rencontres des quadrilles de la Caraïbe dans le cadre du festival de gwoka de juillet 2008. Un projet de film documentaire est également à l’étude.

En novembre 2009,  une action spécifique pour la sauvegarde des quadrilles sans commandement de la Basse-Terre entreprise en concertation avec les associations et individus pratiquant ces quadrilles a donné lieu à une journée de Bokantaj à Vieux Habitants. 

Pour voir la liste complète des associations qui participent avec Rèpriz à un effort en faveur des quadrilles sans commandement de la Basse-Terre, cliquez ici. 

 

Le Gwoka.

 

Bien qu’il soit devenu la musique emblématique de la Guadeloupe et qu’il soit largement pratiqué aujourd’hui sous des formes diverses (Gwoka traditionnel, Gwoka moderne et usages dérivés ) il n’est pas rare d’entendre dire des erreurs sur le Gwoka, même par ceux qui le pratiquent et l’enseignent. Il n’existe pas à ce jour de publication de référence présentant le Gwoka de ses origines à sa forme actuelle, sous un angle à la fois historique, musical et sociologique.  

C'est pourquoi, après consultation avec les porteurs de tradition qui ont bien voulu s'impliquer, Rèpriz s'est attelé a la préparation d'une bibliographie commentée. Ils se sont constitués en comité Bokantak pou gwoka en octobre 2009. Ce comité est chargé de suivre et de garantir le sérieux du projet dont la réalisation est confiée à un chercheur compétent. Le document final, sera un ouvrage de référence présentant les sources et documents imprimés et devrait faciliter la tâche des chercheurs que l'histoire de la musique de Guadeloupe de 1635 à nos jours intéresse.

Ce travail pourra être réfléchi en partenariat avec LAMECA qui a commencé à réunir une importante documentation et entrepris une collecte auprès des détenteurs de la tradition. 

Pour voir la liste complète des membres du comité bokantaj pou gwoka cliquez ici.


 

Musiques et danses Indo-guadeloupéennes

Cette action illustre parfaitement l’intérêt porté à une culture traditionnelle très présente dans la Caraïbe, notamment à Trinidad et dans les Antilles françaises. Le 150ème anniversaire de l’arrivée des Indiens en Guadeloupe, fêté en 2004, a contribué à mettre en valeur le présence d’une culture toujours vivante et d’expressions traditionnelles issues de l’Etat du Tamil Nadu essentiellement. 

Un artiste tamoul franco-indien de renommée, Rhagunath Manet, à la fois musicien, danseur et anthropologue, a réalisé en Guadeloupe la collecte entreprise depuis avril 2005 sur les musiques et danses pratiquées lors des cérémonies religieuses et théâtres dansés.

Cette collecte a déjà été reliée à des manifestations culturelles au cours du 20e festival de Gwoka et le sera encore lors des rencontres guadelopéennes des musiques et danses indo-guadeloupéennes prévues pour Juin 2009. Son traitement documentaire et scientifique est en cours avant sa mise à disposition du public a LAMECA. 

Une relation profitable a également été établie avec Monique Desroches, ethnomusicologue, directrice du LRMM de l'université de Montréal (Laboratoire de recherche sur les musiques du monde) qui a beaucoup travaillé sur les traditions indiennes dans les Antilles et participé, entre autres, à la publication de l’ouvrage «  l’Inde dans les arts de la Guadeloupe et de la Martinique » (éditions Ibis Rouge GEREC). Il sera utile de prendre contact avec le gouvernement Indien et notamment la représentante culturelle de l’ambassade de l’Inde en France, qui porte un vif intérêt aux pratiques culturelles de la diaspora Indienne à travers le monde. 

Le comité scientifique pour les musiques et danses indo-guadeloupéennes a été constitué en Juin 2009. Pour voir la liste complète de ses membres cliquez ici.

Recherches sur la danse en Guadeloupe

Gwoka, quadrille, mayolè, danses indiennes, danses créoles, zouk…La danse est partout présente en Guadeloupe et accompagne toutes les formes d’expression culturelle. Or, aucun travail approfondi n’a été, semble-t-il, entrepris jusqu’à présent pour étudier avec précision le langage artistique, la fonction sociale et l’évolution de ces danses. C’est un recherche de longue haleine qu’il faut entreprendre en commençant par rassembler toute la documentation possible sur le sujet : iconographie ancienne, textes, cartes postales, photos, films et documents audio-visuels, émissions de TV…Il est urgent et nécessaire aussi de collecter le témoignage des  anciens danseurs. Ce travail pourra bénéficier de conseils d’ethnochoréologues et chercheurs en anthropologie pour déterminer une méthode d’investigation efficace.

Par ailleurs il est important de continuer de photographier et filmer l’évolution actuelle des pratiques de danses, dans les léwoz, bals de quadrille, spectacles, écoles, fêtes populaires. La publication d’un beau livre illustré consacré aux « Danses en Guadeloupe », au terme de ces recherches, pourrait devenir un objectif concret, motivant et un objet de nature à intéresser de nombreux amateurs de danse. Une aide pourrait être sollicitée auprès du « Programme d’aides à l’édition d’ouvrages sur la danse » proposé par Le Centre national du livre, la Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles, et le Centre national de la danse. 

Lien avec les universités

L'ensemble des collectes et recherches conduites par le centre sera l'occasion d'établir des relations d'information et de collaboration avec les chercheurs, enseignants et étudiants de l'Université des Antilles-Guyane (UAG), ainsi qu'avec d'autres universités de la Caraïbe et du monde qui travaillent sur les cultures créoles. 

Une proposition de partenariat avec l'UAG est à l'étude.

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