lundi 13 février 2012 - mercredi 13 février 2013
Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel
Extrait de l'allocution de Chérif Khaznadar, Représentant de la France Président de la deuxième Assemblée Générale des Etats Parties à la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, à l'ouverture de la troisième Assemblée Générale des Etats-Parties pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel :
« La notion de patrimoine, telle qu'elle était jusqu'ici limitée au patrimoine monumental et telle qu'elle a été renforcée par la Convention de l'UNESCO de 1972, relève d'un concept occidental de la patrimonialisation, concept que les sociétés du Sud ont du mal à intégrer à leur culture et qui revêt, qu'on le veuille ou non, une forme d'impérialisme ou de néo colonialisme, se fut d'ailleurs, ne l'oublions pas, l'une des raisons majeures de la création de la Convention de 2003 voulue afin de "rééquilibrer", le terme est devenu récurrent, celle de 1972.
Le malaise alors exprimé reflétait une volonté d'élargir la notion de patrimoine , non seulement au patrimoine naturel, une autre vision encore occidentale, mais à toutes ces formes de patrimoine non bâti, non matériel, qui constituent l'identité des sociétés à travers le monde, à un patrimoine vivant qui, transmis de génération en génération, est porteur d'identité à ce patrimoine qui valorise la créativité de ceux qui, comme l'écrit le grand poète Aimé Césaire , " N'ont construits ni châteaux, ni palais, mais sans qui la terre ne serait pas la terre". Cette volonté, loin d'être un retour au concept de folklore de la fin du XIXème siècle, vient en réaction à la mondialisation et répond aussi à des besoins économiques de plus en plus pressants. Elle correspond aussi à une progressive, lente mais significative remise en cause du concept de "modernité" qui serait pour certains à l'origine du profond malaise de toute une jeunesse coupée de ses racines, de ses traditions.
Le patrimoine culturel immatériel répond à cette quête de la différence, à ce besoin de dialogue avec l'autre, dialogue qui ne peut se faire que dans la différence, qui ne peut s'enrichir que de ces différences. Cette différence sans laquelle il n'y aurait pas de diversité, cette diversité qu'une troisième Convention de l'UNESCO reconnaît et encourage. »


